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Introduction des légumes anciens

 

Les premiers colons sont arrivés en terre d'Amérique vers les débuts de 1600. Louis Hébert et Marie Rollet, nos premiers colons, sont arrivés au pays, la Nouvelle-France, en 1617. Louis Hébert était apothicaire de profession, épicier et cultivateur. Il était donc très familier avec les plantes médicinales et les plantes potagères. Il s'installa en Acadie puis à Québec avec ses trois enfants pour y défricher et cultiver la terre.

Tous les premiers cultivateurs arrivaient avec leurs semences. Les légumes cultivés provenaient de l'héritage familial. Ils avaient des graminées:  l'épeaûtre et le blé pour faire le pain, l'avoine pour la famille mais aussi pour nourrir les chevaux pendant l'hiver, d'autres céréales comme l'orge, le millet, le sarrazin avec lequel ils préparaient les galettes. Douze premiers chevaux sont arrivés en 1665 par bateau, le Marie-Thérèse.

Ils avaient aussi des semences de légumes plus essentiels pour survivre. Ceux-là produisaient beaucoup: les haricots et les pois dont ils conservaient les grains secs pour l'hiver, les navets, les rutabagas, les betteraves, les oignons, les carottes et les choux. Les familles devaient compter sur leur production pour survivre et les conditions climatiques étaient très rigoureuses. Les premiers colons étaient cependant très ingénieux et ils savaient tout faire. A leurs connaissances, ils ajoutèrent celles des premières nations, qui cultivaient le maïs et les courges. Les indiens utilisaient quotidiennement plusieurs plantes indigènes; ils s'en servaient pour s'alimenter ou pour se guérir.

Vers la fin du XIXième siècle, les cultivateurs québécois disposaient d'un bon choix de variétés légumières: les pommes de terre étaient dorénavant cultivées à la grande échelle et les légumes d'automne incluaient les betteraves, les carottes, les choux, les citrouilles, les courges et les oignons. Les vergers produisaient cerises et pommes, poires et prunes, qui pouvaient être transformées. Les petits fruits tels que les fraises, framboises, bleuets, groseilles, ne se retrouvaient sur les tablettes des maraîchers ou des épiciers qu'en saison seulement. Les femmes réussissaient quand même à conserver fruits et légumes en préparant des confitures, des catsups, des marinades; parfois, elles faisaient déshydrater certains, qui s'y prêtaient bien: prunes, pommes, tomates, raisins. On préparait un alcool du pays avec ces fruits-là: la liqueur du "Vieux Garçon". A cette époque-là, il n'y avait pas d'oranges ou de bananes pendant l'hiver.

Vers 1930, les méthodes de préservation pour l'hiver étaient assez rudimentaires. Une fois l'électrification rurale réalisée, les producteurs et maraîchers pouvaient conserver les légumes et les fruits dans des entrepôts à température contrôlée. 

Au début du XXième siècle, toutes les maisons avaient un "garde-manger": c'était une pièce de dimensions variables, garnie de tablettes de bas en haut. Au mur d'extérieur, il y avait une petite fenêtre, qu'on laissait entr'ouverte pour laisser passer l'air froid. L'ouverture de la fenêtre était réglée selon la température extérieure et il ne fallait surtout pas que le thermomètre passe sous le cap du 0°C (32°F) dans la pièce. Les sacs de pommes de terre, d'oignons, de carottes et de pommes jonchaient les racoins du garde-manger. Les pommes étaient croquantes et fraîches. Les hivers étaient longs et rigoureux et il fallait pouvoir compter sur des vivres en bonne condition.

 

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